Dialogue interreligieux

Dialogue interreligieux

Le Mercredi 16 Aout 2017, le Père Savadogo Pingdewinde Michel, SMA, a animé un atelier de formation d’une journée sur le thème : Renforcer ses capacités en Dialogue Interreligieux, pour une cohabitation pacifique dans le respect des différences, avec 45 religieuses missionnaires Notre Dame des Apôtres (NDA), à Angré dans le diocèse d’Abidjan. L’atelier s’est articulé autour de la clarification des termes dialogue et dialogue interreligieux, de quelques visions sur le dialogue, du bien-fondé du dialogue et de la recherche de compétences pratiques en dialogue interreligieux pour sortir le dialogue des discours vers l’action concrète.

A titre de mémoire, le dialogue est une forme de communication, qui a lieu lorsque des acteurs ayant leur propre point de vue tout en reconnaissant l’existence de points de vue différents, sont ouverts à la connaissance de ces derniers. Il exige à la fois de parler (de ses idées, ses intérêts, ses passions ou ses préoccupations) et d’écouter (ceux des autres). Le dialogue requiert la compréhension mais pas nécessairement l’accord. Le terme dialogue interreligieux désigne un processus incluant l’échange ouvert et respectueux d’opinions entre des individus et des groupes différents par l’appartenance et le patrimoine religieux, sur la base de la compréhension et du respect mutuels. Le dialogue interreligieux est d’abord un témoignage de vie dans la vérité de sa religion, en paroles et en actes.

Au sujet du dialogue interreligieux, il y a les pessimistes et les optimistes. Les pessimistes écartent la possibilité que le dialogue interreligieux puisse baliser le chemin vers une compréhension mutuelle entre les adeptes des grandes religions du monde. Les optimistes, quand à eux, croient que le dialogue interreligieux déjà en cours a un immense potentiel de croissance et de création de cohésion sociale pour une coexistence pacifique, c’est une plate-forme indispensable car nous vivons dans des communautés hétérogènes.

Le bien fondé du dialogue interreligieux réside dans le fait que la religion confère une identité à ses adeptes (l’identité religieuse) et que l’identité est l’un des besoins humains qui sous-tendent de nombreux conflits. C’est par le dialogue que les conflits d’identité religieuse sont transformés en une relation plus productive, parce que l’intolérance religieuse et la violence se réduiront, non par les attaques, mais par le dialogue. Le dialogue est nécessaire pour instaurer la cohésion sociale dans le respect des différences, une culture de la paix, de la tolérance et de la réconciliation, prévenir les conflits d’identité religieuse, pour un partenariat dans les actions pour le bien être humain et social.

Pour ce qui concerne les compétences pratiques, quand on s’engage dans un dialogue, il est important de toujours se souvenir que le consensus est le fruit d’un travail ; les malentendus sont naturels ; le dialogue mise sur la différence, l’inconfort relatif ; l’absence de consensus n’est pas l’échec du dialogue. En plus, pour un bon dialogue interreligieux il faut l’amour fraternel concret qui se traduit dans le service fraternel. Il faut également apprendre à se connaitre profondément et à connaitre l’autre pour l’accepter dans sa différence et le rencontrer sur le terrain de la vérité et non sur celui des préjugés. Le dialogue et la collaboration doivent se faire avec amour et prudence dans le respect mutuel.

Comme dispositions de dialogue, il faut entre autres, un contexte d’échange paisible sans rapport de force, s’assurer qu’on s’entend sur la question préalable et que ce dont il est question est réel. Aussi, il faudrait que l’interlocuteur soit personnellement engagé  dans l’échange, soit apte à assurer et préserver son identité personnelle et que l’on admette une loi initiale d’échange  (éviter les codes privés). 

Quelques éléments de stratégie d’intervention, consistent à concevoir et poser une question initiale en prenant le temps qu’il faut pour s’assurer que tous la partagent, à s’assurer que chacun s’adresse directement à l’autre  et se représente soi-même, à poser le problème, écarter les questions non pertinentes et qualifier les faits d’un commun accord.

Pour conclure, les participantes ont été invitées à transformer les discours en actions, parce que beaucoup a été dit et écrit sur le dialogue interreligieux. Il est temps de ne plus trop spéculer sur le dialogue, mais au niveau local, mener des actions simples qui renforcent la confiance et le respect mutuels dans les relations et interactions quotidiennes entre des personnes de différentes religions. L’objectif est de contribuer à la modélisation de communauté de dialogue, de réciprocité et de respect, sur la base des principes de justice, de paix et de réconciliation. En effet pour devenir compétent en dialogue interreligieux, il faut commencer à s’appliquer dans le dialogue interpersonnel dans nos petites communautés.

P. Michel Savadogo Pingdewinde, SMA.

Directeur exécutif de Rest-Cor

Date

17 août 2017

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Formations